mardi 5 septembre 2017

Blog en cours de déménagement

RDV sur mon nouveau blog pour découvrir les dernières actualités de Mes rêves éveillés.

lundi 12 décembre 2016

Nekromantia #6 – Le pouvoir de Xlan

Auteur Rose Berryl
Titre Le pouvoir de Xlan
Année 2016
Genre Nouvelles, Fantasy
Pages 26p.

Imaginez un peu… Vous vous réveillez un matin sur le Grand Monde, quelques années après qu'un terrible combat magique se soit déroulé entre le jeune sorcier Esklaroth et la reine des Ténèbres, Melena. Toutes les peuplades sont plongées dans une situation précaire, des plus désastreuses. La plupart des villes ont été détruites et les terres dévastées. Malgré tout, au fil du temps, les sociétés sont parvenues, tant bien que mal, à se réorganiser, malmenées par les guerres impitoyables, les trahisons et les épidémies qui auraient pu, à elles seules, porter un coup fatal aux cinq royaumes.

Merci à CKR Éditions pour la suite de cette saga épisodique.

Cela faisait un moment que j'avais lu l'épisode 5 de Nekromantia, et pour la première fois j'en avais un souvenir intact. L'épisode précédent m'avait en effet bien marquée, et j'avais hâte de lire la suite. Je pense que je suis enfin rentrée dans l'histoire, ce qui n'est pas simple lorsqu'on n'a qu'un épisode de temps en temps... on en veut toujours plus !

Cette suite m'a beaucoup plu et j'ai l'impression que l'intrigue a pris une nouvelle dimension. Les personnages se rapprochent, et si Fareylia a encore beaucoup de mal à accepter d'apprécier Mylvera, on se rend compte que cette dernière supporte bien mieux cette nouvelle proximité avec la fillette elfe. Cela fait plaisir de voir une évolution de l'attitude et de la mentalité des personnages.

J'ai bien aimé ce court épisode. Il était plein d'actions et de rebondissements, ce qui m'a fait tourner les pages plutôt rapidement. J'ai aimé que Mylvera prenne un peu le commandement des opérations, tandis que Fareylia s'ennuyait lors du combat qu'elle aurait aimé résoudre à sa façon. Et puis, cette fin était juste abominable. J'aime bien cette fillette et j'ai vraiment eu peur pour elle à la fin !

J'ai hâte de la lire la suite du texte.

Nekromantia
     

lundi 11 avril 2016

Un souffle, une ombre

Auteur Christian Carayon
Titre Un souffle, une ombre
Année 2016
Genre Thriller
Pages 542p.

Été 1980. Le lac de Basse-Misère, dans le sud du Massif central. Un groupe d’adolescents de bonne famille est massacré sur l’ îlot où il était parti camper, en marge de la fête du club nautique local. Dans toute la région, l’onde est sismique. Comme un point de bascule irréversible, qui signe la fin d’une époque d’insouciance, et le début du déclin de la vallée.
À Valdérieu, principale agglomération du pays, quelque chose s’est brisé pour toujours. Trente-quatre ans plus tard, le meurtrier supposé croupit derrière les barreaux. Mais à l’université de Toulouse, le chercheur en histoire Marc-Édouard Peiresoles ne croit pas en sa culpabilité. Originaire de Valdérieu, et témoin impuissant du cataclysme alors qu’il n’était que collégien, il décide de retourner sur place, et de reprendre toute l’enquête. Comme on replonge dans ses propres traumatismes. Comme on lève le voile sur trois décennies de non-dits, en grattant le vernis d’une communauté beaucoup moins lisse qu’il n’y paraît. Derrière les fantômes des adolescents disparus, c’est bientôt le lac de Basse-Misère qui se réveille, tel un prédateur endormi. Déjà prêt à engloutir ses prochaines victimes...

Cette lecture a été particulière pour moi. Particulière car j’attendais énormément de l’histoire, dont le résumé m’avait déjà embarquée. Particulière aussi car, en dépit de ses qualités, ce roman n’a finalement pas su me transporter comme je l’aurais souhaité.

Je me suis ennuyée lors de ma lecture. J’ai eu l’impression de me retrouver à nouveau en thèse et de suivre les travaux de recherche d’un de mes collègues. La façon dont les choses sont présentées, loin de ressembler à une enquête policière, ressemblait en effet plus pour moi à un sujet de recherche. Le personnage principal décortiquait les informations à sa disposition, faisait ses hypothèses, les vérifiait, expérimentait, et recommençait jusqu’à ce que le résultat soit correct.

En soi, cela était à la fois passionnant et soporifique. Le mot est peut-être trop fort : disons ennuyeux. En effet, il n’y a pas de reliefs dans ce qui était décrit. Tout est relaté de manière factuelle, et on ne ressent pas les émotions des personnages. Tout est trop terre-à-terre. Mais en même temps, c’était passionnant, car tellement bien fait et décortiqué. Chaque détail avait son importance, et si une scène était mise en place, c’est qu’elle avait une finalité. Trouver la vérité au milieu de tout ça s’avérait une tâche ardue.

Mais je déplore qu’il y ait eu, justement, trop de détails. Car le manque de reliefs a induit un manque de rythme, et les choses ne sont devenues intéressantes que lorsque les révélations ont commencé à tomber, et où les scènes qui nous importaient ont commencé à être rejouées. En gros, le dernier cinquième du livre. Quel dommage que tout l’intérêt, que toute l’action se soient concentrés sur la fin du roman. En règle générale, si je m’ennuie, je ne dépasse jamais le tiers, et là… j’ai failli passer à côté de cette fin ! Car elle vaut la peine, malgré un trop gros développement.

Du coup, mon avis général est assez mitigé, car il y a du bon, des qualités, mais il y a eu aussi un ennui qui m’a fait étaler ma lecture sur une semaine entière. C’est très rare que je mette autant de temps à lire un roman, et qu’il ait fallu que je me force autant pour continuer. Peut-être qu’un peu plus de légèreté m’aurait fait du bien, mais ce n’est qu’un ressenti personnel.

vendredi 8 avril 2016

Au creux de ma main... tu n'es plus rien

Oxanna Hope
2015
Un, deux, trois... il était une fois... une femme. De rouge, toute vêtue, elle était...
Émilie D. n'a pas eu de chance ce soir-là, elle a fait une mauvaise rencontre. Il ne lui faudra qu'une fraction de seconde pour comprendre que son chemin s'arrête là. Il en faudra beaucoup plus à la police judiciaire qui se penchera sur le cas étrange de cette femme retrouvée atrocement mutilée et à qui l'on a prélevé une partie de son anatomie.
Pourquoi ? Comment ? Les hypothèses se succèdent et les coupables se bousculent dans les locaux de la PJ Lyonnaise.

Et une nouvelle fois, je remercie Oxanna Hope pour cette belle lecture.

Je n'avais pas compris, en lisant ce résumé, qu'il s'agit de la suite de L'apôtre de l'ombre ! Alors, je vous rassure, vous pouvez le lire sans avoir lu le premier roman, mais certaines insinuations seront plus claires si tout est découvert dans l'ordre, bien évidemment. En tout cas, moi, j'ai été ravie de retrouver Maxime et Thomas dans cette nouvelle histoire.

Étrangement, j'ai trouvé que l'atmosphère était similaire à celle de L'apôtre de l'ombre, mais en même temps tellement différente... tout du moins au début. C'est une enquête tout à fait banale sur laquelle doit travailler Maxime, et c'est seulement quand Thomas se retrouve mêlé à l'histoire que l'ambiance ésotérique refait surface. J'ai beaucoup aimé cet aspect du roman d'ailleurs : Thomas est vraiment lié au bizarre !

J'étais triste, par contre, pour nos personnages. Pauvre Maxime, qui devait supporter son nouveau collègue insupportable et tête-à-claques. Sans compter que son amitié avec Thomas n'a pas évolué dans le meilleur sens. Thomas, quant à lui, est perdu, et il était temps que le duo soit à nouveau réuni. À deux, ils sont simplement excellents !

Comme pour le premier texte, j'ai trouvé l'intrigue particulièrement bien ficelée, même si je l'ai ici trouvée un peu plus simple. Surprenante, certes, mais pas aussi complexe que ce à quoi je m'étais attendue en commençant ma lecture. Heureusement, cela ne retire rien au suspense intégré dans cette histoire. J'aimerais, d'ailleurs, une suite... car cette fin s'est terminée un peu vite. L'épilogue n'en est pas vraiment un, et j'aurais aimé plus d'informations quant au duo, quant à leur nouvelle vie... car ce qui leur est arrivé : euh ? hein !? ouaaah !

Ajoutez maintenant à tout ça un style toujours aussi entraînant, et vous obtenez un second roman particulièrement addictif. Oxanna, j'en veux encore !

L'apôtre de l'ombre
1. L'apôtre de l'ombre
2. Au creux de ma main... tu n'es plus rien

En partenariat avec
Oxanna Hope

mardi 5 avril 2016

Sa vie dans les yeux d'une poupée

Ingrid Desjours
2013
Deux écorchés vifs. Deux rêves de seconde chance. Un regard pour renaître...
Provocateur, cynique et misogyne, Marc est affecté à la brigade des mœurs après un grave accident. Quand, dans le cadre d'une enquête, il croise la douce Barbara, le policier est troublé par son regard presque candide, touché par cette fragilité que partagent ceux qui reviennent de loin. Ému. Au point de croire de nouveau en l'avenir.
Mais il est aussi persuadé qu'elle est la pièce manquante, le pion à manipuler pour démasquer le psychopathe qu'il traque. Et s'il se trompait ? Le pire des monstres est parfois celui qui s'ignore, quand bien même il rêve sa vie dans les yeux d'une poupée...

Ingrid Desjours est une auteur que je ne connaissais jusqu’alors que sous son pseudo et sa trilogie Kaleb, que j’avais dévorée. Le style, l’univers, les personnages... tout m’avait enchantée, et il me fallait donc découvrir les titres plus adultes, plus noirs, de cette auteur que j’étais sûre d’aimer.

J’avoue que l’écart est grand. Je savais que ce serait plus noir, mais à ce point ? Je ne le pensais pas. Entre le viol, le sexe, le meurtre, la torture et la mutilation, j’ai eu mon lot d’horreur pour ce titre. Mais même si certaines parties m’ont vraiment fait faire la grimace, je n’ai pas été choquée outre mesure et ma lecture a pu continuer tout à fait normalement, car l’ensemble était trop prenant.

L’homme cassé et la poupée m’ont subjuguée. Cette dernière est aussi belle à l’extérieur qu’elle est monstrueuse à l’intérieur. En plus, elle n’est même pas capable d’assumer ses actes, et utilise des subterfuges pour ne même pas réaliser ce qu’elle commet. Barbara est déchirée et n’aspire qu’à une belle vie, et fait tout pour l’obtenir. Le problème, c’est que ses choix sont mauvais. Lui est torturé, démonté et alors que son extérieur est détruit, il est magnifique à l’intérieur. Tellement qu’il a l’espoir de pouvoir l’aider, et nous fait même espérer à notre tour.

Le roman est extrêmement bien construit. Il est prenant dès les premières pages, et le style fluide et agréable nous permet de nous plonger dans cette histoire aussi incroyable que terrifiante. En plus, l’auteur a réussi le tour impressionnant de nous endormir, de sorte qu’on n’arrive pas à réaliser ce que l’on a sous les yeux jusqu’à cette scène vers la fin, qui nous ouvre les yeux et nous fait réaliser l’ampleur de l’horreur de la situation.

En bref, ce texte est un bijou. Je ne mâche pas mes mots, car je trouve l’ensemble très bien mené. Ce que j’ai obtenu dans ce roman, c’est finalement ce que j’attends d’un bon thriller : de la peur, des frissons, de l’incompréhension, de l’espoir et une claque gigantesque qui remet en cause tout ce que j’ai lu avant. Une auteur que j’ai très hâte de redécouvrir très bientôt.

Lu dans le cadre de

mercredi 30 mars 2016

De l'autre côté de l'eau

Claire Cameron
2016
Dans une ville merveilleuse, aux habitations faites d’arbres gigantesques et protégée par cinq grand Sages, Enor mène une vie insouciante avec ses parents. L’arrivée de Shadrack, un garçon énigmatique qui semble détenir de nombreux secrets, va bouleverser toutes ses certitudes. « Pour quitter ce monde, tu dois traverser l’eau. » Mais, qu’y a-t-il de si mystérieux de l’autre côté de l’eau ?

Tout d’abord, je souhaite remercier les éditions Plume Blanche pour l’envoi de ce service presse. Je surveillais ce titre depuis un moment, et il n’était absolument pas prévu que je le reçoive. J’ai bondi de joie en le voyant arriver.

Alors, même si j’avais lu le résumé, je l’oublie généralement instantanément (l’antispoiler est toujours en marche) au profit d’un binaire « veux lire » / « veux pas lire ». Ici, je le voulais ! Mais du coup, la couverture et le titre me laissait penser à une histoire tout à fait différente. Pour le dire clairement, je m’imaginais plus d’eau et de créatures aquatiques, en fait. Il n’en était rien, et ce n’était pas pour me déplaire, car la proposition de l’auteur était vraiment originale.

Le début commençait somme toute normalement, jusqu’à ce que quelques détails apparaissent. Mais oui, tu comprends, les gens vivent dans les arbres qu’ils creusent. Euh ? Hein ? Quoi ? Vous l’aurez compris, ce titre est de la fantasy pure. Mais il m’a fait penser à un roman que j’ai lu il y a peu, qui présentait le même genre de fantasy un peu légère et délirante à la fois. Le genre de roman que vous pouvez mettre dans les mains des plus jeunes pour les initier tout doucement à ce style qui peut paraître rebutant pour certains… tout le monde n’aime pas les descriptions à rallonge !

Du coup, ici, tous les lecteurs seront mis à l’aise rapidement, car si l’on est dans la fantasy, les codes ne sont pas très prononcés et on ne peut pas perdre pied. Mais cela n’enlève en rien la qualité du récit, au contraire. Cette épopée m’a beaucoup plu, car du début à la fin, je ne savais pas trop où l’auteur allait m’emmener. Les briques étaient posées au fur et à mesure, pour que l’on découvre petit à petit de quoi l’histoire retournait au global. C’est d’ailleurs une sacrée intrigue, bien ficelée et complexe, qui est présentée, et une fois que j’ai fini ma lecture, j’ai réalisé la portée des actions de chacun des personnages !

Parlons d’eux, d’ailleurs ! Je les ai trouvés mignons et sympathiques. Même si aucun n’a vraiment retenu mon attention au point de me le faire adorer ou détester, ils remplissaient tous leur rôle et certains m’ont fait rire et sourire. J’ai eu un petit moment de compassion pour Dihamm et Enor, toutefois, qui se sont retrouvés dans des situations peu simples. Le personnage le plus original est bien évidemment Oniris. Il est simplement parfait.

En bref, je vous conseille clairement la lecture de ce roman. Il est original, frais, léger et porté par une plume au style vraiment très fluide et qui nous transporte dans une aventure pleine de rebondissements. Je suis vraiment très heureuse d’avoir découvert ce livre. Toutefois, je mettrais un petit bémol sur la taille du roman : j’ai ressenti une sorte de vide en terminant ma lecture. Je n’aurais pas été contre quelques centaines de pages de plus, pour étoffer encore plus cet univers... et étancher ma soif !

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lundi 28 mars 2016

Allégeance

Veronica Roth
2013
Tris et ses alliés ont réussi à renverser les Érudits. Les sans-faction mettent alors en place une dictature, imposant à tous la disparition des factions. Plutôt que de se plier à ce nouveau pouvoir totalitaire, Tris, Tobias et leurs amis choisissent de s'échapper. Le monde qu'ils découvrent au-delà de la Clôture ne correspond en rien à ce qu'on leur a dit. Ils apprennent ainsi que leur ville, Chicago, fait partie d'une expérience censée sauver l'humanité contre sa propre dégénérescence. Mais l'humanité peut-elle être sauvée contre elle-même ?

Il était plus que temps que je lise enfin ce troisième et dernier tome de la saga Divergente. Certes, je n'ai pas encore lu les nouvelles et autres titres qui viennent compléter la saga principale, mais j'ai l'impression d'avoir tout lu. Ce dernier tome était tellement exceptionnel.

Tris et Quatre avaient du pain sur la planche. Découvrir ce qu'il se passait en dehors, de l'autre côté du mur, et voir que finalement le monde n'est ni blanc ni noir nulle part. Ajoutés à cela, les relations entre les différents personnages se sont fortement compliquées, et chacun devait réaliser jusqu'où il pouvait pardonner, ou aller pour arranger les choses. Entre Tris et Caleb, et entre Tobias et ses parents, rien ne peut être simple !

Ce tome est complexe dans le sens où il doit apporter toutes les réponses et nous offrir un final à la hauteur de cette histoire. J'ai particulièrement aimé, d'ailleurs, ce final, car il nous offre une conclusion en demi-teinte. Nous avons toutes les réponses, mais nous avons notre cœur tiraillé. Je me souviens que la nuit suivant la fin de cette lecture, je me suis réveillée et me suis dit : "Non, ce n'est pas possible qu'elle finisse comme ça".

J'applaudis et j'en veux encore, même si je sais que s'il y avait une suite, cela ne sera plus jamais pareil. Autant que cela s'arrête, enfin, car c'était osé et parfait. Je pense que je lirai les nouvelles, mais plus tard, quand j'aurais envie de retrouver un peu de ce monde sans y replonger totalement. En tout cas, cette saga, c'est de la bombe !

Divergente
0.5. The Transfer
1. Divergente
1.5. Free Four
2. Insurgés
3. Allégeance
3.5 Divergente raconté par Quatre

samedi 26 mars 2016

L'ours

Claire Cameron
2016
Anna, 5 ans, et son petit frère Stick campent avec leurs parents dans un parc naturel sauvage lorsqu’ils sont surpris en pleine nuit par ce que la petite fille confond avec un gros chien. Le lendemain, Anna découvre qu’elle et Stick sont désormais seuls, et que c’est à elle, la « grande », qu’il incombe de protéger son frère. Débute alors pour les deux enfants isolés une dangereuse errance…

Un énorme merci à Kero pour ce partenariat.

J'ai été bluffée par ce roman. J'aurais dû m'en douter, pourtant j'ai quand même été surprise et cela fait énormément de bien. Déjà en voyant cette couverture, je me suis dit que ce roman était vraiment classe. Elle est superbe, elle nous promet de la forêt, un ours, un drame. D'une simplicité et d'une élégance qui m'ont tout de suite accroché l'œil. Alors, j'ai lu le résumé, et j'ai su que je devais le lire.

Bien sûr, j'ignorais que le titre serait écrit à la première personne, du point de vue d'Anna, 5 ans. Surprise et un peu déroutée, j'ai très vite compris que c'était le plus beau moyen qu'avait l'auteur pour nous faire vivre ce drame des yeux de la petite fille. Elle ne comprend pas que ce gros chien noir est un ours, ce qu'est ce morceau d'os que mange l'ours et qui a au bout la chaussure de son père, ou pourquoi sa maman lui demande de partir dans ce canoë avec son petit frère. Mais elle le fait, et se retrouve dans la position de la chef de famille, avec un petit frère qui est aussi perdu qu'elle et qui la suit car Nana sait forcément ce qu'il faut faire. 

Les digressions qu'il y a dans ce roman m'ont fait sourire mais apportaient tellement au côté dramatique de l'intrigue... Cette petite fille nous raconte son histoire comme elle le vit, en faisant des parallèles avec sa vie confortable d'avant, tout en restant très forte et en tentant dans la mesure du possible de prendre sur elle quand Sticky devient trop ingérable et en décidant de tout, quitte à faire des erreurs.

J'ai eu peur à un moment que cela soit long, car suivre les péripéties d'une petite fille en forêt, avec le vocabulaire et la diction liés à son âge, pourrait être un peu répétitif. Mais finalement, j'ai été embarquée et n'ai pas vu le temps passer. Puis vers le dernier tiers du livre, j'ai vu la petite tenter de refouler ce qu'il s'était passé, et prendre conscience également de sa nouvelle réalité. C'est le moment qui m'a paru le plus difficile nerveusement. Cet épilogue, enfin, était magnifique et sonnait comme un hommage.

Ce livre m'a chamboulée, m'a fait frissonner et a rendu mes yeux humides. Les émotions portées par l'auteur sont authentiques et ma lecture m'a fait vivre les scènes de manière réaliste. Cette lecture, je vous la conseille si vous voulez vivre un moment magnifique mais également horrible en même temps. Je vous la conseille si vous voulez vibrer et vivre cette tragédie avec ces deux enfants courageux. Je vous la conseille parce qu'il faut le lire. Des beaux ouvrages qui vous font ressentir à ce point que la vie est précieuse et fragile sont rares. Et là, vous en avez un, alors ne passez pas à côté.

En partenariat avec


mercredi 23 mars 2016

Andalou

Liliane Fournier
2016
Et si le principal suspect était la prochaine victime…
Mathilde guide des balades à cheval dans l’étang de Capestang. Elle mène une vie simple, une vie qu’elle a choisie, près des chevaux et de la nature qu’elle connaît sur le bout des doigts. Jusqu’au jour où son employeur, Marcel, lui fait une offre qui éveille sa curiosité :
« Je vais vous présenter un homme, un vrai ».
Elle tombe de haut lorsqu’elle comprend que ce héros n’est autre que Gaetano Guardia, un torero andalou connu pour son physique de rêve et sa vie dissolue. Et la corrida, Mathilde l’a en horreur !
Gaetano est un séducteur né, mais il est totalement exclu pour elle de tomber sous le charme d’un tueur de taureaux. Il est aussi habile qu’elle est rebelle.
Et l’amourette qui aurait pu naître entre eux devient soudainement plus effrayante, car les anciennes maîtresses du torero qui croisent le regard de la jeune cavalière sont retrouvées mortes, sacrifiées selon un rituel tauromachique.
Dès lors, Mathilde et Gaetano ne partagent plus qu’une chose : être soupçonnés de meurtres.

Un grand merci à l'auteur, Liliane Fournier, pour sa confiance dans ce partenariat.

Habitant en région toulousaine, je n'ai pas été dépaysée par cet ouvrage. La corrida fait vraiment partie des mœurs locales, qui se retrouvent tout à fait dans ce roman. Mais comme Mathilde, j'ai cette pratique en horreur. Ce n'est pas ma culture (je suis "importée" dans la région), et je préfère me détourner de cette partie des ferias autant que faire se peut.

Du coup, le début du roman m'a un peu ennuyée. Il était nécessaire de bien mettre en place la culture du sud et d'expliquer les différents termes techniques concernant la pratique, donc il fallait y passer. Mais pour ma part, j'ai été plus à l'aise dans la lecture lorsque l'action a commencé. Quelle action ? Peut-être quand Mathilde a commencé à rabattre son caquet à ce torero de malheur... ou peut-être lorsque la série de meurtres a débuté.

De là, tout allait bien plus vite, et même si quelques maladresses m'ont fait sourire (notamment l'attitude des policiers qui était un peu caricaturale), j'ai pris plaisir à suivre cette enquête mêlée à la romance, car je n'avais vraiment aucune idée de qui pouvait être le coupable. J'ai même soupçonné Gaetano à un moment, tant j'étais perdue. La romance, par contre, est à la fois très chaude et très soft, ce qui m'a amusée !

Le style est quant à lui très sympathique et fluide. Comme je l'ai dit, le début m'a semblé un peu long, mais c'est plutôt par manque d'affinité avec le contexte de la feria. Mais comme j'ai adoré que Mathilde soit du même avis que moi, cela m'a mise un peu plus à l'aise. Enfin, il faut noter que l'atmosphère est très représentative de la réalité, et je tire mon chapeau à l'auteur qui a su mettre en scène cette ambiance que je connais si bien.

En partenariat avec
Liliane Fournier

dimanche 20 mars 2016

Conscience professionnelle

Lucas Leverger
2015
Le crime parfait n’existe pas ! Je réfléchissais depuis un moment à cette évidence, quand mon téléphone mobile vibra dans la poche de ma veste. Je décidais, en accord avec moi-même, de ne pas y prêter attention. Le glaçon qui flotte dans mon verre de whisky fond doucement et je suis en concurrence avec lui.

Merci à Lucas Leverger pour cette lecture très sympathique !

C'est toujours difficile de chroniquer une nouvelle, surtout quand elle est si courte, car j'ai toujours peur d'en dire trop et de spoiler. Il serait en effet dommage qu'au détour d'un paragraphe je vous révèle le fin mot de l'histoire.

Je vais donc être courte, tout en essayant de vous donner au maximum envie de lire ces quelques pages. Tout d'abord, car il n'y a que quelques pages, et ce sera un moment rapide dans votre vie de lecteurs. Ensuite, car l'écriture de l'auteur est vraiment très agréable à lire. L'équilibre entre les événements est somme toute assez correct, et même si l'on passe beaucoup de temps dans le bar au début et qu'à la fin tout va un peu vite, je ne vois pas comment le texte aurait pu être amené autrement. Pour moi, c'est réussi.

Ensuite, l'histoire en elle-même est prenante. Le premier chapitre pourrait être un chapitre de roman, tant il est détaillé. Et ensuite, très vite, on entre dans le vif du sujet et on réalise qu'il n'y a qu'une seule issue possible. On la voit venir, mais on ne sait pas comment exactement, donc on se prend au jeu et on apprécie grandement ce qu'on lit.

Pour le style, j'ai eu l'impression de lire un de ces livres de roman noir, assez pessimistes dans la façon de penser, et qui nous donnent tout de suite cette ambiance un peu austère. Personnellement, j'ai beaucoup aimé cette atmosphère. En bref, c'est une lecture très sympa que je vous conseille vraiment !

En partenariat avec
Lucas Leverger